Le Faune mordu
Oeuvre de Jef Lambeaux. Cette statue en bronze s’est distinguée en 1903 au Salon triennal de Bruxelles et, un an après, à l’Exposition internationale des Beaux-Arts de Düsseldorf et à l’Exposition universelle de Saint-Louis, où elle remporte une médaille.
En 1905, « Le faune mordu » agrémente un jardin de l’Exposition universelle de Liège. Si elle reçoit les éloges de la presse artistique (et retient notamment l’attention d’Auguste Rodin), cette oeuvre provoquera les réactions indignées de certains visiteurs et s’attirera les foudres du journal catholique « La gazette de Liège ». La statue est retirée et fait les choux gras des journalistes et des caricaturistes.
Jef Lambeaux biographie
Jef Lambeaux (1852–1908) est un sculpteur belge néo-baroque célèbre pour ses œuvres monumentales en bronze et marbre, inspirées de la mythologie et de Rubens. Né à Anvers et formé à l’Académie locale, il est connu pour ses personnages dynamiques et voluptueux, incluant des œuvres majeures comme la fontaine de Brabo et Le Passion humaine. Figure excentrique, il fut membre fondateur du groupe des XX avant de s’en détacher.
- Naissance et Formation : Joseph Marie Thomas Lambeaux, dit Jef, est né le 14 janvier 1852 à Anvers d’un père wallon et d’une mère flamande, se considérant comme un « vrai Belge ». Il étudie à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers.
- Carrière et Style : Son style, néo-baroque, met l’accent sur le mouvement, les poses tordues et les corps voluptueux. Il puise son inspiration dans le folklore, l’histoire et la mythologie.
- Œuvres Marquantes :
- Fontaine de Brabo (1887) : Située sur la Grand-Place d’Anvers, elle symbolise la légende de la ville et assoit sa réputation.
- Le Passion humaine : Un bas-relief monumental en marbre, considéré comme son chef-d’œuvre, logé dans le Pavillon Horta-Lambeaux au parc du Cinquantenaire à Bruxelles.
- Parcours : Il fut l’un des fondateurs du groupe artistique d’avant-garde « Les XX », mais le quitte rapidement, trouvant la démarche trop éloignée de son attachement au traditionalisme. Il a connu un grand succès international, exposant à Paris et Berlin, et a reçu la Légion d’honneur.
- Décès : Il meurt le 5 juin 1908 à Bruxelles.
Inspiration et symbolique
Inspiration et Contexte
- Mythologie charnelle : L’œuvre met en scène un faune (divinité champêtre romaine) se jetant sur une nymphe aux formes généreuses.
- Réalisme dynamique : Contrairement aux canons néoclassiques figés, Lambeaux s’inspire du mouvement et de la tension musculaire, rappelant l’influence de Rubens et du baroque flamand sur son travail.
- Scandale de 1905 : Présentée lors de l’Exposition universelle de Liège, elle fut jugée scandaleuse par les autorités religieuses et morales pour son érotisme brutal, ce qui entraîna son retrait temporaire du public.
Symbolique de l’œuvre
- La lutte des instincts : La scène représente un satyre tentant d’étreindre une nymphe ; pour se libérer, celle-ci lui mord violemment l’oreille. Ce geste symbolise le refus de la soumission et la réponse sauvage à une agression pulsionnelle.
- Le dualisme humain : Le faune incarne la part animale et primitive de l’homme, tandis que la morsure de la nymphe souligne la violence inhérente aux passions amoureuses non partagées. Dans un contexte récent, il est certain que l’œuvre serait #metoo et que le satyre aurait de nombreux synonymes contemporains. Je laisse à Laura Laune et Blanche Gardin le soin d’en choisir quelques uns.
- Censure vs Liberté : Aujourd’hui située au Parc de la Boverie à Liège, la statue est devenue un symbole de la liberté artistique face à la pruderie de la Belle Époque.
Fabrication
« Le Faune mordu » est un groupe sculpté en bronze par l’artiste anversois Jef Lambeaux vers 1902-1903, représentant une scène mythologique audacieuse d’un faune assaillant une nymphe qui lui mord l’oreille. Réalisée initialement en plâtre avant d’être fondue en bronze
